Les artistes

 

Chaque groupe compte un.e artiste d’une discipline différente en son sein.
L’enjeu de cette présence tient en ceci que La Marmite ne souhaite pas restreindre son intervention à une simple action de démocratisation culturelle, d’accès aux institutions d’art ; elle ambitionne aussi – suivant un autre principe, celui de la démocratie culturelle – de mettre en exergue la sensibilité, la créativité des populations invitées.
Nous voyons dans cette Marmite, une occasion exceptionnelle pour des personnes – surtout les plus démunies – d’être sujet.tes : « de témoigner, de se faire entendre, de faire porter leur expérience de la sphère privée à la sphère publique » (nous reprenons, là, les mots de Pierre Bourdieu au terme de La Misère du monde).

Pour ce faire, l’association du groupe et d’un.e artiste tout au long de ce périple (plus d’une dizaine de rencontres, de sorties communes sur, parfois, plus d’une année) devrait permettre la production d’une forme cristallisant l’évolution des représentations, des sentiments des participant.es et de ceux de l’artiste. Le processus de la création pourra être collaboratif (création partagée) ou non, selon la volonté des concerné.es – le temps restant, ici, un facteur particulièrement déterminant. Quoi qu’il en soit, cette création originale témoignera de ce cheminement en évitant l’écueil relevé par Michel Foucault et Gilles Deleuze, à savoir « l’indignité de parler pour les autres » (Les intellectuels et le pouvoir. Entretien de Michel Foucault avec Gilles Deleuze). Deleuze ajoute, dans ce même entretien : « On se moquait de la représentation, on disait que c’était fini, mais on ne tirait pas la conséquence de cette conversion théorique, à savoir que la théorie exigeait que les gens concernés parlent enfin pratiquement pour leur compte. »
Les formes ainsi réalisées (photographies, écrits, œuvres plastiques, films, etc.) sont exposées dans les lieux partenaires et/ou sur le site Internet de La Marmite.