Fatima de Philippe Faucon
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Césars 2016 du meilleur film, de la meilleure adaptation et du Meilleur espoir féminin

Cinéaste injustement méconnu, le Franco-marocain Philippe Faucon poursuit discrètement une œuvre exigeante. Avec Sabine (1992), sur une fille-mère fugueuse, il jette les bases d’un cinéma humaniste et pétri de réel, le plus souvent centré sur une figure féminine. Faucon accède à la notoriété avec Muriel fait le désespoir de ses parents (1995), l’un des plus beaux portraits d’adolescente de toute l’histoire du cinéma.

Après La trahison (2005), sur la guerre d’Algérie, et La désintégration (2011), qui évoquait de façon prémonitoire la radicalisation religieuse de jeunes Français musulmans, Faucon s’est attaché aux pas de Fatima (Soria Zeroual), une femme de ménage marocaine qui élève seule ses deux filles, dont l’ainée a entrepris des études de médecine. Quant à la cadette, en pleine crise d’adolescence, elle a honte de sa mère qu’elle considère comme « un torchon ».

Fatima peine à s’intégrer car elle maîtrise mal le français. Victime d’un accident du travail, elle profite de cette parenthèse pour s’enhardir à prendre des cours d’alphabétisation, tout en continuant à confier à un simple cahier ses pensées et sentiments en arabe… Tiré du journal de Fatima Elayoubi, le film de Faucon conte avec une belle acuité un récit d’émancipation qui peut sembler ordinaire. Ne nous y trompons pas : ignorante à l’intelligence plus qu’affûtée, son héroïne invisible nous interpelle au plus profond !

France, 2015, couleur, 1h19 ; avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, etc.
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