Chœur Coriolan I 18/19

Le présent Chœur, vaudois, porte le nom de Coriolan – l’une des plus fortes tragédies politiques de William Shakespeare.

Dans cette pièce, le dramaturge élisabéthain nous ramène aux débuts de la République romaine au plus fort d’un conflit économique et politique entre patriciens et plébéiens. Au lendemain de la chute de la royauté, Rome passe à un système – républicain de nom, oligarchique dans les faits – ne profitant véritablement qu’à une minorité : le patriciat. Sur le plan social, la tension est vive : de nombreux plébéiens sont très endettés et les créanciers – membre le plus souvent de l’aristocratie sénatoriale et donc du patriciat – ont le droit de réduire les débiteurs en esclavage ou même de leur enlever la vie.
C’est dans ce contexte qu’intervient la menace d’une agression des Volsques. Or, l’armée romaine est composée de citoyens majoritairement plébéiens. Tite-Live (in Histoire romaine) résume ainsi l’état d’esprit de ces derniers : « nous qui combattons au-dehors pour la liberté (…), nous ne trouvons au-dedans que captivité et oppression ; la guerre est plus sûre que la paix, les ennemis moins menaçants que les compatriotes pour la liberté de la plèbe. »
Après maints remous, les soldats plébéiens se retirent en armes sur la colline romaine de l’Aventin – nous sommes alors en 494 avant notre ère. Ils constituent, là, un camp retranché sans chef, manifestant ainsi leur refus de la hiérarchie et leur désir d’égalité. Face à cette sédition, devant la pénurie de main d’œuvre et la menace extérieure, le Sénat est contraint d’accorder à la plèbe des représentants politiques, inviolables, défendant le peuple contre les consuls : ce sont les fameux tribuns.
Depuis lors, l’Aventin est resté le symbole de la liberté plébéienne, de l’accession de la multitude à la dignité politique, de sa faculté de prendre son destin en main, de se représenter et de s’émanciper elle-même.

Ce peuple historique de la colline aventine nous a paru offrir un puissant et juste symbole de l’action du Chœur Coriolan de La Marmite lequel assemble les participants qui le souhaitent du parcours vaudois de la saison 2017-18.
L’idée majeure est de donner un temps indéfini à l’appropriation culturelle et citoyenne et d’offrir un nombre plus important encore de sorties culturelles (arts plastiques, arts de la scène, cinéma et rencontres avec des intellectuel.le.s). Les sorties proposées participent du programme général des parcours ordinaires de la saison en cours de La Marmite.
Nous avons par ailleurs dans l’idée que le Chœur Coriolan, comme le Chœur genevois Pylade – parce que composé d’« ancien.ne.s » de La Marmite, de personnes ayant vécu celle-ci « de l’intérieur » – constitue, en somme, un groupe d’« expert.e.s » de la délibération sensible et citoyenne (pour reprendre un terme cher à notre parrain Stefan Kaegi qui parle volontiers d’« experts du quotidien »). Aussi nous importe-t-il que ledit Chœur participe concrètement, à terme, à l’animation d’une respiration essentielle de la vie de notre association : les Veillées (lire rubrique « Agenda ») dans lesquelles, La Marmite interroge avec tous ceux qui le souhaitent – ses finalités et celles, générales, de l’action artistique, culturelle et citoyenne.

Le groupe
La médiatrice
Le médiateur