Visite de l’exposition du musée d’ethnographie (MEG) de Genève : Afrique, les religions de l’extase
4 novembre 2018

Exposition sur la diversité des pratiques
A 7, nous nous sommes confronté.e.s à une représentation de « l’Afrique » au MEG. En tant que médiatrice, j’avais invité le Chœur Pylade avec ces mots : « je crains que ce soit une expo qui nous montre comme les africains sont superstitieux et très différents de « nous », l’Europe rationnelle. J’aimerais que nous puissions exprimer nos doutes et questionnements, mais également notre intérêt pour cette question, assez universelle. »

Nous nous sommes livré.e.s à la discussion avec honnêteté, avant d’aller voir l’expo, en se mettant d’accord sur le fait que ce qui concerne les croyances, c’est toujours mystérieux. Pour Drie, cette expo promettait de découvrir autre chose, nous emmènerait sur des façons de penser d’une manière différente. Voir ce qui se passe ailleurs, avec nos expériences d’ici, ça permet de voir ce qui est positif, car dans les religions, il y a du « bon », des belles choses.

Malgré ces bons arguments, je n’arrivais pas à me défaire de ma crainte, et gardais mon esprit critique alerte, notamment à propos de l’acquisition des objets montrés, ou de la généralisation à partir d’expériences singulières : « LES Africains ». Adji a dit que pour lui, le terme « extase » est connoté, Ana a reconnu que notre regard peut être orienté, et Hanta a mis en garde contre la stigmatisation dont on peut être l’auteur. Nous voilà prévenu.e.s !

Points communs
Livie a voyagé dans 6 pays d’Afrique, il nous a raconté que dans chaque pays il y a des groupes, des tribus, des langues différentes. Que tout le monde est très différent d’un endroit à un autre… en chœur, nous disons : « Comme ici ! ». On a parlé aussi des mélanges, des rites qui se répondent, d’un pays à un autre.

A propos de l’expo, nous avons suivi une petite visite guidée, qui nous a donné quelques « clefs » de compréhension : « On parle des cultures africaines avec des termes de l’époque coloniale, et ça ne nous aide pas à comprendre la réalité de ce que vivent les gens, car ça ne correspond pas à la réalité. » Le guide, ethnographe, nous a détaillé un panier divinatoire, contenant des objets qui aident le devin à analyser une situation problématique qu’on lui soumet. On a participé à comparer avec des pratiques du même genre, ancestrales en Europe : tarots, boule de cristal, voyant.e.s, marc de café…

Une autre ethnographe nous a expliqué que la pratique divinatoire en Afrique, c’est plutôt pour résoudre les problèmes au présent, avec des compétences sociales, de pharmacopée, de lien avec le monde spirituel. En Europe, on cherche plutôt à voir dans le futur.

On cherche des réponses
A l’issue de la visite, Hanta et Lic fabriquent des petits objets magiques, et une discussion philosophique s’engage sur le HASARD. Le hasard est difficile à supporter, car on voudrait donner du sens à toute chose, à notre vie. Drie dit « Je ne crois pas au hasard », c’est une croyance. Mais comment dire si on y croit, au contraire ? Ce serait aussi une croyance… Le monde spirituel, en Afrique comme ailleurs, aide les communautés humaines à chercher des réponses.

Alice, l’une des médiatrices du Chœur Pylade