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Présentation du projet

L’origine et la forme de La Marmite proviennent des constats suivants :

  • le relatif échec de la démocratisation culturelle traditionnelle par défaut de prise en compte des obstacles psychosociaux, cognitifs et symboliques dans l’accès à l’art ;
  • l’impossibilité de nouer en un temps court une relation véritablement profonde avec des groupes sociaux ;
  • l’« inaudibilité » des « sans-part » (Jacques Rancière) ;
  • l’exigence démocratique de leur contribution dans l’espace public ;
  • la séparation des intellectuels et du « peuple » ;
  • la considération du sens des œuvres comme objet d’une transaction collective ;
  • la stimulation plus grande qu’offrent les petits groupes par rapport à l’expérience d’une réception individuelle ou à celle d’une masse confuse ;
  • la vogue des artistes considérant le public à même le processus de la création ;
  • l’effrangement des contours des disciplines artistiques et le peu d’initiatives d’éducation culturelle en prenant la mesure ;
  • la difficulté à considérer le paysage culturel de notre région comme une totalité organique.
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But idéal : la participation culturelle.

Projet d’action culturelle, La Marmite organise des parcours mettant en relation :

  • des groupes « sociaux » (jeunes, apprenti-e-s, précaires, migrant-e-s, victimes de violences domestiques, travailleur-euse-s manuel-le-s, minorités visibles et invisibles, etc.),
  • des artistes,
  • des intellectuel-le-s,
  • des médiateur-trice-s,
  • des lieux de culture (théâtres, musées, cinémas, etc.)
  • ainsi que des productions artistiques (pièces de théâtre, films, spectacles chorégraphiques, performances, concerts, opéra, expositions, etc.).

 

Projet d’action artistique, La Marmite prévoit qu’une œuvre d’art – fruit d’une création partagée entre les participants et des artistes – cristallise les représentations et les sentiments des groupes sociaux et conclue leur parcours.

Projet d’action citoyenne, La Marmite entend donner de la visibilité aux « sans-part » (Jacques Rancière), de l’audibilité aux « sans voix » (Erri De Luca) et pourvoir à leur inscription sensible dans l’horizon démocratique.

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Le nom de La Marmite nous séduit par les idées d’appétit et de commun qu’il charrie.

Bien sûr, pour les Genevois, il fait immédiatement allusion à la Mère Royaume. De fait, nous croyons que tout engagement – même universaliste – part d’une situation qu’il convient de ne pas ignorer. Or, ladite marmite fut à l’époque, en 1602, une « arme » associée au combat de la République comme entend l’être la culture citoyenne et critique ici diffusée.
Le nom choisi, pourtant, fait également allusion à une seconde marmite, internationaliste celle-là.

Ouvrier relieur, communard, syndicaliste, « christ de la classe ouvrière », Eugène Varlin imagina, en 1868, une cantine coopérative permettant aux ouvriers et artisans de se sustenter à prix modique qui se muait, une fois le corps de ses hôtes raffermi, en club d’échanges d’idées précisément nommé La Marmite ; l’endroit – qui connut rapidement le succès – réunissait des travailleurs modestes, internationalistes, fouriéristes, blanquistes, proudhoniens, saint-simoniens, etc., sans dogmatisme, dans un idéal mutualiste. On raconte, qui plus est, que les femmes y prenaient volontiers la parole.

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