1ère rencontre groupe Glissant

1 ère rencontre Groupe Glissant- 3 octobre 2019

C’est la première rencontre avec le groupe de l’Espace Hommes de l’association Appartenances à Lausanne. On se présente tous les trois, les deux médiatrices, Florence Savioz et Laura Albornoz ainsi que Stéphane Blok, l’artiste que suivra le parcours pour en faire une œuvre collective à la fin. Puis, nous faisons un tour de prénoms : Abreham, Adam, Ayoub, Gebrehiwet, Kibrom, Makinthan, Mohan, Satheeswaran, Seyed, Tedros et Zeresenay. On arrive à retenir quelques-uns mais il va nous falloir du temps pour tous les apprendre. Et notre prononciation ne sera probablement jamais juste !

Cette rencontre se déroule sous le signe des mots. Tout d’abord les mots d’Édouard Glissant, poète martiniquais qui donne le nom à notre parcours. Cet artiste, philosophe et poète, a su faire des mots des machines à ancrer la réalité, des machines à décrasser la mémoire et porter la voix d’un peuple qui se rêve libre. Comment le raconter sans le citer ? Comment le citer sans le déliter ?

Devant nous, un groupe d’une quinzaine d’hommes boivent nos mots qui ne les nourrissent pas pour autant. On réalise vite que la maîtrise du français est précaire chez la plupart d’entre eux, on rebrousse chemin dans la description du poète pour expliquer le fil rouge du parcours : les utopies.

En introduisant le concept, le mot, nous nous heurtons à la barrière de la langue mais nous nous accrochons à leur intérêt, leur envie de comprendre. Parfois le mot « utopie » n’existe pas dans leur langue. Parfois le concept même n’existe pas : « Au Maroc, l’utopie ça n’existe pas ». Avec les relais de l’association, Elsa et Anaïs, nous faisons appel aux dictionnaires, aux traducteurs en ligne et, petit à petit, cela commence à faire sens : « c’est le rêve ? », « quelque chose qui n’existe pas ? ». Ensuite nous proposons un jeu à partir d’images d’utopies que nous avons emmenées et de cartes aux illustrations poétiques du jeu Dixit. Chacun choisit une image et nous raconte la raison de son choix, et ainsi le mot « utopie » se fraie un chemin de compréhension parmi les participants. Utopie, Éthiopie ? cela devient la blague qui fait rire tout le monde !

On fait ensuite le lien avec la présentation des sorties, en allant au plus concret. Nous présentons notre parcours et nous distribuons le calendrier des sorties. Leurs interrogations se portent sur le côté pratique : allons-nous rentrer tard ? Va-t-on manger avant d’aller au théâtre ? Certains ne semblent pas convaincus …

On propose au groupe un jeu pour retenir les prénoms de chacun en se passant une balle. On rit, tout le monde se détend et semble avoir du plaisir à partager dans le mouvement et le jeu. On poursuit les présentations en se plaçant dans l’espace selon une carte du monde imaginaire en disant son pays et sa ville d’origine.

On finalise cette rencontre en partageant un thé et des gâteaux. Les échanges sont animés, maintenant les mots coulent presque sans encombre, les différentes langues se mélangent, les différentes cultures s’affichent naturellement, l’ambiance est détendue et amicale. Les échanges sont animés, joyeux, généreux !

On pense ainsi à Édouard Glissant lorsqu’il disait : « C’est seulement un imaginaire du monde, c’est-à-dire une conception de la mondialité, qui nous permettra de lutter contre les aspects négatifs de la mondialisation. Je crois qu’il faut adopter le principe : agis dans ton lieu, pense avec le monde. C’est cela la mondialité. Une politique du monde qui s’oppose aux aspects négatifs de la mondialisation. »

Alors, on passe à l’action.

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