Une saison du chœur Pylade racontée par une participante
Dans ce texte, je souhaiterais exprimer mes sentiments et mes réflexions suite aux précieuses
invitations de Natacha. Ces délicates attentions apportent une valeur inestimable à ma vie. Alors
que je m'efforce de me réinsérer dans l'existence, je lui adresse mes remerciements les plus
sincères pour m'avoir permis de me mêler à nouveau aux autres et de ressentir ce sentiment de
communauté. Je me propose d'évoquer chaque événement individuellement.
Métamorphose le samedi 13 juin à Nyon. Pour cet événement, nous nous sommes rendus en
train à Nyon. Depuis la gare, nous avons cheminé vers le musée. Le climat était d'une splendeur
singulière. En chemin, s'exhalaient des parfums de jasmin et se dressaient des pommiers. À
notre arrivée au musée, l’événement était sur le point de débuter. Nous avons pris place et la
métamorphose a commencé. La sincérité de ces artistes, qui dépeignaient le cycle inéluctable
de la vie à travers la danse, m'a profondément ému jusqu'aux larmes. J'ai songé aux aspects
aussi douloureux que magnifiques de la transformation, tant sur le plan psychologique et social
que biologique. Je me suis un instant détaché de ma propre solitude. Des personnes partageant
mes ressentis m'entouraient, et ce sentiment m'a enveloppé avec bienveillance.
Le vendredi 24 avril à Nyon pour voir le film Nuisance Bear de Gabriela Osio Vanden &
Jack Weisman au Festival Visions du Réel. Cette projection s’est déroulée à Nyon, en dehors
de Genève. À notre arrivée en train, le temps était radieux. Nous nous sommes dirigés vers le
restaurant où nous devions dîner ensemble. Nous nous sommes installés autour d'une grande
table, ce qui nous a offert l'opportunité de faire la connaissance des convives. Les mets étaient
d'une grande délicatesse. Après le repas, la clémence du temps a rendu notre promenade d'autant
plus agréable. Durant cette marche, nous avons eu le privilège d'échanger sur de nombreux
sujets. Le bâtiment abritant la projection était d'une grande beauté. L’œuvre a été présentée en
anglais et en français. Ce documentaire, qui bousculait les codes traditionnels du genre en
incluant les documentaristes eux-mêmes dans le cadre, s'est révélé bouleversant. Il m’a donné
à réfléchir sur la probabilité que cette réalité, face à laquelle nous fermons les yeux au lieu de
concevoir jour après jour que le monde est uni par des liens invisibles, nous réveille en nous
secouant.
Théâtre de Poche le mercredi 1er avril à Grande Ourse à 19h. Il m'est fort difficile de
trouver une place dans ce petit théâtre situé au cœur de la ville. En effet, les habitants de la
région suivent assidûment la programmation, de sorte que les représentations affichent
rapidement complet, et le coût des billets demeure relativement élevé pour moi. Sur scène, se
distinguant des pièces classiques, les comédiens ont joué en intégrant de nouvelles techniques.
Grâce à cela, le jeune enfant de la distribution n'était pas contraint d'être présent sur scène à
chaque instant, une approche qui m'a grandement séduit. Cette pièce, qui démontrait avec quelle
force les étiquettes façonnent les individus, était fort plaisante et portée par un langage très
accessible.
Le Tartuffe le mardi 17 mars à 19h30 au Théâtre de Carouge. C'était la première fois que
je découvrais cette magnifique salle de spectacle. J'ai éprouvé une réelle gratitude d'avoir la
chance de visionner une pièce digne de ce théâtre, qui se distingue par son bâtiment vaste,
moderne et d'une grande élégance. Bien que Molière soit l'une des pierres angulaires de notre
univers de sens, la densité de sa langue est incontestable. Les comédiens ont offert une
performance magistrale. En quittant la salle, une unique pensée m'habitait : les problématiques
demeurent immuables, quels que soient l'époque et le lieu.
Laisse béton (Merci Renaud) le vendredi 13 février au Théâtre du Loup. C'est grâce à cette
invitation que j'ai découvert l'existence de ce théâtre, pourtant situé à proximité immédiate de
mon domicile. Cet endroit, niché dans la verdure au bord de l'eau, s'apparentait à un lieu
magique ouvrant la voie vers l'aventure. En effet, le spectacle contemplé dans cette salle,
sublimé par une musique électronique intense et des projections vidéo, favorisait une
concentration absolue. Avant la représentation, nous avons eu le plaisir de rencontrer de
nombreuses personnes et d'échanger avec elles. La pièce proposait une réflexion critique sur
l'injustice et l'effet écrasant du pouvoir.
La Marmite, un spectacle au Théâtre des Marionnettes le vendredi 19 décembre à 19h. En
pénétrant dans la salle, j'ai observé les enfants s'installer avec un enthousiasme débordant. Leur
ferveur a grandement éveillé ma curiosité. Le rideau s'est levé et la pièce a commencé. Les
compositions musicales étaient d'une gaieté et d'un dynamisme incroyables. J'ai alors vécu un
instant qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Après l'entracte, le rideau s'est rouvert sur
un décor de scène représentant une ballerine en forme d'abat-jour. Un silence régnait, la musique
n'ayant pas encore débuté. L'un des enfants, impatient, a alors demandé à haute voix : « c'est
quoi ça ??». Cette interrogation, formulée spontanément dans un élan d'excitation et
d'impatience, a fait naître un sourire sur le visage de chacun. À l'issue du spectacle, c'est l'esprit
serein et le cœur joyeux que je suis retourné chez moi.
Busra Celik
25.06.2026